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Age : 61 ans Thème : Laïcité
D'une famille engagée dans le scoutisme laïque dès avant la seconde guerre mondiale - mon père Roger Docaigne étant éclaireur au Havre, puis resistant en Maurienne avec plusieurs de ses "frères scouts" , j'ai integré la meute du bouleau d'argent à Versailles en 1957 et suis passée par tous les grades : sizainiere, eclaireuse, chef de patrouille...,jusqu'à 20 ans, alors cheftaine de la même meute. Ces années au sein des EEDF ont forgé ma vie et mon engagement professionnel au service des autres et de la laïcité . Que de souvenirs de camps d'été, à Hendaye, avec le groupe d'Auxerre ( si bien animé par Henri et Suzanne Roca ! ), de challenges régionaux aux Vives-Eaux,( devenu quelques temps le château de la Star Ac !) de veillées , de cérémonies de promesse, de vente de calendriers, des mille et une chansons transmises à mes enfants et mes petits-enfants...L'une d'elle disait : " Ensemble nous avons appris, bien mieux que dans un livre, ensemble nous avons compris qu'il faut aimer pour vivre...." Un petit mot à propos de mon père ( 1919-1999) : il fut membre du comité directeur jusque dans les années 60 et allait en réunion le dimanche matin au 66 Chaussée d'Antin ( oú une plaque à la mémoire de Pierre Dejean est apposée, je ne l'ai remarquée que récemment ). Il participait également à des réunions à l'UNESCO . Il nous a bercé avec Le livre de la Jungle, le livre ! Que de bonheurs, merci les Eclés ! D' une manière ou d'une autre, je vais revenir vers vous. Claire Peyru Docaigne
Age : 77 ans Thème : Laïcité
Mes parents instituteurs ayant choisi le scoutisme laïque, je suis entré aux E.D.F. à Montpellier en octobre 1945. À mon avis, ils étaient loin de se douter de l’impact qu’aurait cette adhésion sur le reste de ma vie… Premières années classiques, dans une troupe dont le chef avait déjà compris l’importance de l’évolution dans les activités… Passage à la Route et premier contact avec le scoutisme d’extension pour quelques coups de main à la troupe d’éclaireurs nouvellement créée dans l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban sur Limaniole en Lozère. (Oui, comme l’indiquent certains « amis », j’ai fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique, mais ça n’a jamais été comme pensionnaire – du moins pour le moment). Parti à Paris pour mes études, je me retrouve à l’hôpital de Garches en charge d’éclaireurs polios, en fauteuil roulants ou chariots plats. Expérience intéressante qui se termine assez rapidement après un camp mémorable, raconté dans la rubrique « cent ans de camps : 1954 : Garches ». Ici se situe un épisode fondamental : après ce camp, j’ai été gentiment « remercié » (euphémisme), ce qui m’a permis de… respirer pendant quelques années, de me marier (avec une responsable Extension, bien sûr), de commencer à travailler. Récupéré en 1961 par « Castoret » Duphil à l’occasion du Cinquantenaire, j’en reprends alors pour quelques décennies. Participation aux manifestations (et, en particulier, édition de la « plaquette » souvenir) et aux équipes régionale et nationale, mais, simultanément, aux activités dans le domaine des déficients auditifs, avec la création d’un centre de vacances dans la Creuse (qui a fonctionné quarante ans) et de stages de formation en langue des signes. Catherine raconte cette action ailleurs. Certains pensent que mon intérêt pour le chant provient de ces décennies passées avec les sourds-muets… Responsable régional à Paris en 1968, j’accompagne la participation des aînés et responsables aux « événements » - avec d’autant plus de facilité que notre local régional se trouve en plein quartier latin. Il en résulte une remise en cause de notre formation, les jeunes demandant plus qu’on leur explique « pourquoi faire du scoutisme » que « comment faire du scoutisme ». Avec l’équipe régionale, je mets au point ce qui a été appelé le « stage motivation »… Pendant la crise des années 70 qui a suivi cette période, il me semble nécessaire de participer, avec Pierre François, Jean Estève, Françoise Lefevre et Jean-René Kergomard (entre autres), à la réflexion qui devrait permettre d’en sortir. Même si nous n’avons eu qu’un succès d’estime (nous avons presque tous été virés), c’est notre orientation qui a prévalu et qui a permis de reconstruire progressivement un Mouvement apaisé. Ensuite, notre association se définissant comme un Mouvement « de jeunesse », je considère comme souhaitable de céder la place aux jeunes. Mais je suis, une nouvelle fois, rattrapé par l’association des anciens, d’abord, et la préparation du centenaire… On ne se refait pas. Je ne regrette rien de ce parcours commencé voici plus de 60 ans sur les 100 que va compter notre scoutisme laïque (bien que le Mouvement ait essayé deux fois de se débarrasser de moi !). Ce que je regrette, c’est que notre scoutisme n’ait pas toujours su se démarquer de ce qui le fait considérer comme ringard ou périmé, alors que nous mettons à la disposition de tous un remarquable instrument d’éducation populaire et de formation à la citoyenneté. Mon passage par le scoutisme d’extension, qui n’a pu exister qu’en liaison « ouverte » avec les secteurs qu’il concernait, m’a vraisemblablement permis de prendre une distance nécessaire. Je fais partie de ceux qui pensent que le scoutisme est un militantisme, pas une société secrète..