Invitation au colloque








Le 8 mars, les Éclaireuses à l'honneur !

Publication le 08/03/2011

De même que nous fêtons notre centenaire sur toute l'année 2011 pour préparer le siècle à venir, le 8 mars n'est pas la seule journée où nous pratiquons et défendons la co-éducation (éduquer les filles et les garçons à s'épanouir ensemble). Comme toutes les valeurs que nous prônons, c'est à la fois un idéal et un combat de tous les jours et le 8 mars est l'occasion de le rappeler.    


La fédération des Eclaireuses est née en 1921 et des activités communes avec les garçons furent organisées précocement, dès les années 30 ou 40 avant d'être officialisées et revendiquées en 1964 avec la création des Eclaireuses et Eclaireurs De France : la co-éducation prend alors tout son sens avec les autres valeurs de notre mouvement.

 

Que faisons-nous aux éclés pour que les filles et les garçons s'expriment, grandissent et aient envie de prendre des responsabilités à parts égales ? Il ne s'agit pas de dresser ici une liste, qui certainement serait interminable, car le fond de la question est d'abord justement de se poser la bonne question : à quel moment les responsables doivent-ils s'interroger pour que les projets qu'ils mettent en œuvre avec les jeunes prennent en compte cette volonté de faire mieux que ce qui se vit dans notre société ? Les formateurs dans les stages saisissent-ils toutes les occasions de lutter contre les clichés dont on sait qu'ils ont la vie dure et qu'ils façonnent encore le monde du travail (femmes surdiplômées absentes des équipes dirigeantes et salaires inférieurs), de la famille (déséquilibre de la prise en charge des enfants et de la maison)  et de la politique (18% de députées) ?

 

La question étant dérangeante, faisons une réponse provocatrice : aux éclés tout va bien ! Et de fait, les responsables ne font pas de discrimination, les filles sont épanouies et elles ont toute possibilité de prendre la place qu'elles veulent bien prendre. Nos instances dirigeantes comptent beaucoup de responsables de groupe féminines et de responsables régionales, de directrices des Services Vacances et le Comité Directeur a inscrit la parité dans ses statuts ; mais pourquoi y a-t-il si peu de candidates à la plupart des Assemblées Générales ? Et encore moins de dirigeantes : une Déléguée Générale, deux Présidentes des EEDF depuis 1964 ?

 

Pour aller plus loin, il faut (avoir envie de) faire une étude sérieuse qui permettrait de constater ce qu'il en est chez nous. On pourrait aussi tout simplement (continuer à) en débattre dans les groupes, les séjours et les stages. Il serait bon que nous réinterrogions nos pratiques pédagogiques, certes, mais aussi les conditions dans lesquelles nous permettons, au sein de notre association, aux jeunes filles et aux femmes de prendre des responsabilités.


Probablement nous pouvons être fiers de pratiquer un scoutisme qui permet aux filles et aux femmes de s'épanouir dans notre association avec les garçons et les hommes, mais sans doute ne le valorise-t-on pas assez, parce que cela nous paraît évident, normal. Soyons aussi plus volontaires pour que l'assurance que les filles et les garçons acquièrent dans notre association puisse servir dans la société à faire bouger les choses, car les lois ne suffisent pas, ce sont les stéréotypes dans nos têtes qu'il faut bousculer. Et soyons vigilant(e)s à propos de toutes les formes de régressions.

 

Pour le Comité Directeur,

Ariane Rosenau

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